Reynerie : la Cité de la Danse ouvre le grand chantier de la place Abbal
SOMMAIRE
- La Cité de la Danse est désormais en chantier à Reynerie
- Un investissement de 22 millions d'euros
- Pourquoi installer la Cité de la Danse place Abbal ?
- Plus de 1 200 logements doivent aussi être reconstruits à Reynerie
- Autour de la place Abbal, la transformation a déjà commencé
- Un nouveau site pour La Place de la Danse
- Les prochaines étapes jusqu'à septembre 2028
À la Reynerie, les grues ont remplacé les esquisses. Le chantier de la Cité de la Danse a démarré place André-Abbal, à Toulouse. Cet équipement de 3 200 m², attendu en septembre 2028, coûtera 22 M€. Il avance au cœur d'un quartier que la métropole reconstruit pièce par pièce, avec plus de 1 200 logements à la clé.
- Le chantier de la Cité de la Danse a démarré place André-Abbal, à la Reynerie, pour une ouverture en septembre 2028.
- 3 200 m², six studios et un parvis signés Bernard Desmoulin, pour 22 M€.
- Les marchés de construction sont attribués : 8,94 M€ pour 18 des 24 lots.
- Le quartier reconstruit 1 206 logements et se dote de commerces et d'équipements d'ici 2030.
- La place Abbal, requalifiée, s'ouvre sur le parc et le lac de la Reynerie.
La Cité de la Danse est désormais en chantier à Reynerie
Le projet a longtemps vécu sur le papier. Il sort enfin de terre. Après des années d'études et un calendrier révisé, le chantier a commencé place André-Abbal, dans le sud-ouest toulousain. La Mairie de Toulouse, dans sa communication du 26 août 2026, avance une date ferme : une ouverture au public en septembre 2028. Les versions précédentes parlaient encore de 2027.
« Après plus de 10 ans de travail, la future Cité de la Danse de Toulouse et de sa Métropole va enfin voir le jour », se félicite Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, sur le site de la collectivité.
Le bâtiment tiendra sur 3 200 m². Un parvis sous pergola prolongera la place Abbal. Derrière, un hall vitré, un centre de documentation et six studios de danse. Deux d'entre eux pourront accueillir du public pour des spectacles.
Le maître d'œuvre a du galon. Bernard Desmoulin, architecte toulousain et membre de l'Académie des beaux-arts, a remporté le concours face à 121 candidats. Il s'entoure de LSD Architectes, Lasa, Scenarchie, Atelier S59 et OTCE. Le lieu abritera La Place de la Danse, centre de développement chorégraphique national (CDCN) de Toulouse-Occitanie, maison vouée à la création, à la production, à la formation et à la diffusion de la danse contemporaine.
Un investissement de 22 millions d'euros
La facture s'élève à 22 M€ TTC. La Mairie de Toulouse règle le gros de l'addition, 17,65 M€. L'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU), bras financier de l'État pour les quartiers en rénovation, verse 1,85 M€. La Région Occitanie ajoute 1,5 M€, le Département de la Haute-Garonne 1 M€.
Le chantier a quitté le stade des intentions. Les marchés de construction ont été signés cet été. L'opération se découpe en 24 lots. Les 18 lots du marché principal représentent 8,94 M€. Le gros œuvre revient à une entreprise locale, Mas BTP, pour 2,79 M€. Sol Façade traite les façades et l'isolation, Kalitec la plomberie et le climat intérieur.
Le bâtiment ne se résume pas à des studios pour professionnels. Son adresse, place Abbal, le range dans une opération bien plus vaste : la transformation du quartier de la Reynerie.
Pourquoi installer la Cité de la Danse place Abbal ?
Pourquoi cette adresse ? Le choix n'a rien d'anodin. La Cité s'élèvera au 2 place André-Abbal, à quelques pas de la station Reynerie, sur la ligne A du métro.
La place Abbal bat déjà comme le cœur du quartier. Commerces, services et équipements s'y concentrent. C'est aussi l'une des portes du parc de Reynerie, douze hectares déployés autour d'un château et d'un lac.
Toulouse Métropole veut ouvrir cette centralité sur l'eau et la verdure. Elle veut aussi tourner la page de l'urbanisme sur dalle, hérité des années 1960, au profit d'espaces publics et de logements accessibles depuis la rue.
La danse joue ici un double rôle. Équipement culturel, d'abord. Pôle d'attraction, ensuite, pour des visiteurs venus d'ailleurs. Le hall a été pensé comme une vitrine ouverte, pas comme une entrée réservée aux initiés.
Plus de 1 200 logements doivent aussi être reconstruits à Reynerie
La Cité n'est qu'une pièce du puzzle. Autour d'elle, tout un quartier se refait une santé, dans le cadre du nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU). À l'horizon 2030, Toulouse Métropole promet :
- 1 206 logements reconstruits, du petit collectif de quatre à six étages à la maison de ville ;
- 1 500 m² de commerces et 3 000 m² de locaux d'activités ;
- 3 500 m² d'équipements publics et un nouveau centre commercial ;
- une place Abbal remodelée, une promenade plantée et une plaine des sports ;
- des berges réaménagées et un belvédère sur le lac.
Derrière ces chiffres, un pari social. La Ville prévoit de démolir 862 logements sociaux et d'en reconstruire 1 206, dont la moitié en accession privée. L'idée : casser le tout-social des grands ensembles et mélanger les profils.
Il ne s'agit pas de remplacer des tours par d'autres tours. Le quartier change de forme. Moins de barres, plus de petits immeubles, des façades qui donnent sur la rue plutôt que sur des dalles.
Une partie de ces programmes viendra grossir l'offre d'immobilier neuf à Toulouse. Pour les ménages qui remplissent les conditions (plafonds de ressources, primo-accession, prêt signé avant fin 2027), le PTZ financera une part de la résidence principale.
Autour de la place Abbal, la transformation a déjà commencé
La mue n'attend pas la Cité de la Danse. Elle a déjà commencé, à quelques mètres du chantier.
La résidence Germaine-Peyroles a ouvert en février 2025. Deux immeubles, 44 logements sociaux, 33 places de stationnement et six locaux en rez-de-chaussée pour des commerces.
Une Maison ouverte de santé a suivi la même année. Médecins et paramédicaux s'y installent. À côté, les cellules commerciales attendent une offre alimentaire, une boulangerie et des restaurants.
Plus bas, vers le lac, une base nautique et de loisirs a vu le jour. Un parcours sportif et une aire de jeux complètent le tableau. La métropole compte poursuivre le travail entre la place, le château et l'eau.
La Cité de la Danse arrive donc dans un décor déjà en mouvement. Logements, commerces, santé, loisirs : tout bouge en même temps.
Un nouveau site pour La Place de la Danse
Pour La Place de la Danse, ce chantier tombe à point. Le centre chorégraphique cherchait de l'espace.
Dans les documents des marchés publics, la Mairie le reconnaît : les locaux actuels sont devenus trop étroits. La Cité regroupera sous un même toit la création, la production, la formation et la diffusion.
Le calendrier a bousculé la structure. Son siège de l'avenue Étienne-Billières est fermé depuis un incendie, et l'administration a migré au Théâtre des Mazades. Le projet de Reynerie, lui, était sur les rails bien avant ce sinistre.
La Place de la Danse rejoindra ses murs neufs à l'ouverture, en septembre 2028. Elle y trouvera des studios pour les résidences d'artistes, des salles ouvertes au public et un centre de ressources.
Les prochaines étapes jusqu'à septembre 2028
Le calendrier de l'été 2026 pose les jalons. L'aménagement des studios débutera à l'automne 2027. Le parvis suivra l'hiver. La fin du gros du chantier est espérée au printemps 2028. Puis viendra l'ouverture, à la rentrée de septembre.
Cette date marquera une étape de plus pour la place Abbal. Le nouvel équipement côtoiera alors les premiers logements et commerces déjà livrés. Le reste du quartier, lui, continuera de se transformer jusqu'en 2030.
Reste une question, posée par les habitants eux-mêmes. Interrogés par France Bleu Occitanie, certains estiment qu'une cité de la danse « n'est pas la priorité » face aux besoins du quotidien. Le pari de la Ville tient en une phrase : faire de la culture un levier de quartier, pas un supplément d'âme.
Morgane Caillière
Commentaires à propos de cet article :
Ajouter un commentaire