Grand Matabiau, comment avance le quartier de la gare à Toulouse ?

Temps de lecture estimé à environ 7 minutes.
Avatar de l'auteur "Morgane Caillière" Morgane Caillière

le 21 avril 2021

SOMMAIRE

© Emre Ucarer - Shutterstock

À en juger par les débats/combats de commentaires en ligne qui accompagnent chaque article de La Dépêche, sur le sujet, le projet de réaménagement du Grand Matabiau fait parler de lui dans les salons toulousains. Avancement des travaux, nouveautés, polémique autour de la Tour Occitanie, retour sur un chantier tentaculaire qui doit étendre l’hypercentre vers le Grand Matabiau et son Pôle d’échanges multimodal.

Où en sont les chantiers ?

En dépit des embuches semées par la Covid-19 et les ralentissements qu’elle a engendrés dans les projets d’aménagement et dans l’immobilier neuf à Toulouse, les chantiers de réhabilitation du pont Matabiau, de réfection de la maison éclusière et la réfection du parvis Matabiau de la gare SNCF sont achevés.

Top départ des travaux sur l’avenue de Lyon

Le chantier de l’avenue de Lyon a débuté en mars et se poursuivra jusque fin 2021. Première étape : 18 immeubles seront démolis pour élargir et rénover les lieux.

Suite à quoi, le périmètre accueillera des projets d’urbanisme temporaires préfigurant la "nouvelle avenue de Lyon", explique Europolia, la société d’économie mixte chargée de l’aménagement du projet “grand Matabiau”. Les terrains libérés seront rénovés, végétalisés et clôturés.

Les études pour l’aménagement définitif de l’espace public du secteur se poursuivent : élargissement des trottoirs, intégration de pistes cyclables, verdissement… Les premiers projets immobiliers commenceront, eux, en 2023.

Circulation perturbée à prévoir

Dans le cadre d’une nouvelle phase de démolition des immeubles de la rue de Lyon (du numéro 5 au numéro 16), des perturbations sont à prévoir dans le secteur entre le 1er mars et dans les 4 mois à suivre.

Les travaux se déroulent de 8h à 17h. Si les accès piétons sont maintenus, la piste cyclable en revanche est partiellement interrompue à proximité des chantiers. Le stationnement est interdit du 12 au 16 avenue de Lyon. La circulation est ralentie mais maintenue à proximité des travaux.

La Métropole valide une station vélo de 1000 places

© PierreSelim

Jeudi 1er avril 2021, Toulouse Métropole a validé la réalisation d'une vélo-station abritée et gardée de 1 000 places au centre-ville, sur le site du futur parvis Marengo. L’installation proposera une offre de stationnement vélo de moyenne et de longue durée.

« Dans le cadre de l’élaboration d’une stratégie d’accessibilité et de stationnement au pôle d’échanges, il a été identifié un besoin de stationnement vélo de 2500 à 3000 places, à répartir sur les différents parvis du pôle d’échanges. Ainsi, pour le parvis Marengo, ce besoin se traduit par l’implantation d’un ouvrage de stationnement de 1000 places, répondant au besoin de stationnement des vélos, des vélos à assistance électrique, ainsi que des vélos à grand gabarit (vélo cargo, vélo avec remorque, tandem, tricycle, vélo couché, handicycle, etc.) ».

Toulouse Métropole

En complément du gardiennage, le bâtiment accueillera une borne de gonflage, des casiers, un local d’auto-réparation et d’autres services à destination des cyclistes.

Coût du chantier : 4 millions d’euros.

L’hypercentre migre vers la gare

L’aménagement des “ramblas” Jean Jaurès revisités à la mode barcelonaise, ont créé une voix royale entre la place centrale de Toulouse et la gare.

Ce chantier urbain achevé fin 2019 ouvrait le bal des réaménagements du centre-ville et tournait l’hypercentre vers le quartier Marengo tout comme l’aménagement de la rue Bayard. “Par ces chantiers nous étendons en réalité le centre-ville », explique Jean-Luc Moudenc.

Les pièces du puzzle urbain imaginé par l’architecte-urbaniste Joan Busquets se rejoignent.

L'urbaniste catalan a également été choisi pour conduire le projet de rénovation du quartier Matabiau/Marengo. Il sera associé au paysagiste Michel Desvignes et à l'architecte Jean-Marie Duthilleul.

Le parvis de Matabiau comme la rue Bayard sont des réaménagements emblématiques, qui ont pour ambition d’offrir aux voyageurs une première impression inoubliable de la Capitale des violettes et de les guider intuitivement vers l’hypercentre.

Toulouse, à l’image de Lyon avec Part-Dieu, Rennes avec EuroRennes ou Bordeaux avec Saint-Jean, veut révolutionner le traditionnel et périmé “quartier de la gare” et le muer en un pôle d'échange fluide dans un quartier à vivre regroupant, dans un même espace : train, métro, TER, bus, cars, vélos et voies piétonnes mais également : bureaux, logements, commerces et espaces de détente.

Le projet global doit héberger 20 000 emplois à terme. Il se déroulera en plusieurs étapes jusqu'en 2030. Le pôle d'échange multimodal est prioritaire et devrait être achevé avant fin 2026.

Beaucoup d'opérations similaires existent en Europe. Ici, il s'agit de faire le lien entre la gare historique, qui a été faite en plusieurs étapes, la future gare et les quartiers existants autour, de faire de ce nouveau quartier une grande centralité, dont la particularité sera de s'ouvrir sur quatre parvis, offrant quatre accès directs à la gare : Canal, Marengo, Périole et Nord (avenue de Lyon). La proximité du site avec le canal du Midi et le centre-ville sont des conditions urbanistiques magnifiques... Ce ne sera pas une « petite Défense toulousaine », il y aura du logement, de la mixité sociale et de la mixité d'usage.

Joan Busquets, urbaniste du projet Grand Matabiau

Occitanie Tower, la tour de Babel toulousaine

Du haut de ses 150 mètres de hauteur, l’ambitieuse et polémique Tour Occitanie, doit dominer le quartier en métamorphose.

Plusieurs associations ne lésinent pas sur les moyens pour que le programme phare du quartier ne voit jamais le jour et deux procédures juridiques à son encontre sont en cours.

Lors de sa venue à Toulouse en octobre 2020 pour signer le partenariat sur le Grand Matabiau, Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, a argumenté son soutien au programme immobilier : "Ce projet architectural rendra beaucoup de services à la ville en créant un pôle d’activités à proximité de la gare, en limitant les déplacements en voiture".

En dépit de ces polémiques et contre-temps qui ne manquent pas d’accompagner chaque programme urbain majeur, le projet du premier gratte-ciel de Toulouse reste dans les starting-blocks.

Éric Paillot, vice-président de la Compagnie de Phalsbourg, porteuse du projet se déclare confiant.

Dessinée par Daniel Libeskind, l’architecte New-Yorkais du nouveau Word Trade Center, en collaboration avec le Toulousain Francis Cardete, la Tour de Babel toulousaine, ses 11 000 m² de bureaux, ses 100 logements, ses 2 restaurants et son hôtel 4 étoiles est toujours en attente du feu vert des tribunaux.

Bref résumé du projet

© Googlemap2021

La Métropole revendique une répartition équilibrée des différents programmes immobiliers. La gare et ses quartiers limitrophes doivent devenir un épicentre de la vitalité et de la diversité urbaine : habitat social et privé, bureaux, commerces, services publics, équipement culturel…, à proximité immédiate des transports en commun. Toulouse Métropole annonce :

Un « parcours marchand » de centre-ville, riches de commerces attractifs promet de renforcer les services de proximité pour les riverains et employés du secteur et de développer l’offre de services au cœur du Pôle d’Échanges Multimodal.

Une large partie des voies de circulation et des espaces publics doivent être repensés pour fluidifier les circulations et faire place aux mobilités douces.

Qui participe ?

Ce vaste programme d’aménagement urbain implique de nombreux partenaires publics : l’État, la SNCF, la Région Occitanie, le Conseil départemental de la Haute-Garonne, Tisséo et Toulouse Métropole.

Europolia, Société Publique Locale d’Aménagement de Toulouse Métropole et de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée a été désignée comme aménageur après avoir conduit les études urbaines.

La participation de l’état

L’État s’engage financièrement pour le projet Grand Matabiau, aux côtés des acteurs locaux. Le programme est qualifié d’exemplaire par Emmanuelle Wargon et sera soutenu à hauteur de 2 M€. À terme l’État pourrait débloquer une enveloppe de 4 M€ pour le réaménagement du quartier.

Les volets développement durable du programme

Grand Matabiau s’inscrit dans la droite ligne des ambitions “développement durable” de Toulouse, deuxième grande ville la plus verte de France, (classement nosvillesvertes.fr 2019).

Le Pôle d’Échanges Multimodal vise clairement le développement des transports en commun et des modes de déplacement doux dans la métropole.

Les nouveaux logements et bureaux seront conformes aux normes énergétiques récentes, les moins énergivores.

Un nouveau parc sera créé, secteur Raisin à proximité du nouveau groupe scolaire, dans le prolongement du jardin Abadie.

Le projet Grand Matabiau s’attache à végétaliser les espaces publics pour dessiner une véritable continuité paysagère avec le cœur de ville. Le canal du Midi est valorisé de berges en herbe longées par des sentiers piétons arborés pour reprendre toute sa place de poumon vert toulousain.

Enfin, Grand Matabiau promet un embellissement du cadre de vie des toulousains par la valorisation du canal du Midi, le développement d’espaces verts et de voix de circulation alternatives.

La concertation volontaire

Une démarche consultative consulte et informe (dans le cadre d’ateliers de travail) : les habitants, propriétaires, associations, acteurs de l’immobilier, du commerce et du monde économique tout au long du projet et du déroulement des chantiers.

Partager sur