Transports à Toulouse : quels sont les projets à venir?

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Avatar de l'auteur "Amélie CARALP" Amélie CARALP

le 06 août 2021

SOMMAIRE

Après l’annulation à exécution immédiate par le tribunal administratif de Toulouse du projet mobilités 2020-2025-2030, les projets de transports toulousains ne sont pour autant pas à l’arrêt. Au contraire même, certains prévus dans le Plan de déplacements urbains (PDU) de l’agglomération toulousaine semblent avancer à grandes enjambées malgré l’annulation.

Validé en février 2018 après trois ans de procédures de révision et trois phases de concertation, le plan de Tisséo collectivités prévoyait entre autres de gros projets de transports en commun, structurant Toulouse et ses alentours et renforçant le maillage du réseau déjà existant. Parmi ces projets bien sûr, la troisième ligne de métro, mais aussi le téléphérique urbain et le développement à l’échelle de la métropole du réseau de bus.

Ce projet à 3,8 milliards d’euros avait été épinglé par l’association “2 pieds 2 roues” qui lui reprochait de ne pas accorder une importance assez grande aux pistes cyclables et à la réduction des gaz à effet de serre. La justice lui a donné raison, évoquant l’absence de solutions de substitutions raisonnables au plan mobilités. Pourtant, malgré cette annulation, les Toulousains et Métropolitains ont pu se rendre compte que les travaux préparatoires au chantier de la troisième ligne de métro étaient en cours. Signe que cette décision ne vient pas remettre en cause les projets déjà entamés.

“Chaque projet va continuer à vivre sa vie. Le PDU est un document qui détermine les principes généraux, sur l'organisation générale du transport de personnes, du stationnement, ... Nous allons pouvoir continuer nos projets pour développer la troisième ligne de métro, le téléphérique, le doublement de la ligne A. Chaque projet a son autonomie juridique.”

Jean-Michel Lattes, Président de Tisséo

Ce développement du réseau de transports multimodal permettra à terme de relier Toulouse et sa banlieue plus efficacement qu’aujourd’hui, et notamment les bassins d’emploi hors de la ville. Avec la création de nombreuses ZAC hors Toulouse, à l’image de celle d’Enova à Labège, nul doute que les nouvelles liaisons entre la ville rose et ses voisines boostera réciproquement leur attractivité et forcément le marché de l’immobilier neuf à Toulouse et sur le territoire métropolitain.

Où en sont les grands projets de transports en commun à Toulouse

Depuis 2018, de nombreux changements sont annoncés concernant les transports dans l’agglomération toulousaine. Plusieurs gros chantiers ont été validés et sont désormais attendus avec impatience par les Toulousains. Permettant de relier le centre de Toulouse à d’autres villes de l’agglomération et notamment aux bassins d’emplois, ces transports permettront à terme une mobilité plus efficace des habitants et travailleurs de la métropole. Et seront également un bon moyen de désengorger les accès routiers et notamment la rocade toulousaine et le centre-ville, saturés aux heures de pointe.

Un réseau de bus qui s’étoffe pour mieux intégrer la périphérie toulousaine

Concernant les liaisons routières, le premier grand projet à voir le jour a été le réseau de lignes de bus à haut niveau de service, baptisées Linéo. Sur les 14 lignes prévues d’ici à 2026, 9 sont déjà en service. La particularité de ces bus, pensés pour relier efficacement Toulouse à ses périphéries, est qu’ils bénéficient forcément de deux arrêts présentant des correspondances avec des axes “lourds”, à savoir métro ou tram. Avec une fréquence élevée de passage aux heures de pointe et une amplitude horaire de 5h15 à 00h30, ces lignes de bus se veulent attractives pour les travailleurs toulousains résidant dans les villes alentours.

©S. Pech – Shutterstock

Les 5 nouveaux axes Linéo seront progressivement mis en service entre 2022 et 2026. Deux nouvelles lignes accueilleront des voyageurs dès septembre 2022. La L10, reliant Fenouillet à Toulouse La Vache, en passant par Saint-Alban et Aucamville, et la L11 qui reliera Frouzins à Basso Cambo par Villeneuve Tolosane et Cugnaux.

A l’étude depuis 2019, de nouvelles lignes Express ne devraient également plus tarder à prendre du service. L’objectif de ces lignes étant de “répondre aux besoins de mobilités des zones périurbaines éloignées présentant un certain potentiel, avec une desserte ciblée sur l’heure de pointe et une fréquence de 30 minutes” selon Tisséo.

La première de ces lignes reliera Muret à Toulouse d’ici 2024. Elle passera par la zone commerciale de Portet-sur-Garonne et aura pour terminus Basso- Cambo. Trois autres lignes du même type sont d’ores et déjà annoncées : une ligne Saint-Lys/Fonsorbes/Colomiers, une ligne Montberon/Pechbonnieu/Borderouge et une ligne Ramonville/Ayguesvives. Les deux premières seront normalement mises en service en septembre 2025. Aucune date n’a encore été arrêtée pour la ligne Ramonville/Ayguesvives.

“Ces lignes doivent permettre de relier deux zones éloignées l’une de l’autre et densément peuplées et qui sont séparées par une zone moins habitée. Il s’agit de créer des lignes directes, avec moins d’arrêts que les lignes de bus traditionnelles et des aménagements de voiries qui doivent permettre, au maximum, que les bus roulent hors de la circulation.”

Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Collectivités

Le plus long téléphérique urbain de France, Teleo

©Siyi H - Shutterstock

Autre grand projet qui entrera très prochainement en service, le téléphérique urbain Sud, baptisé Teleo. Sur 3km, les cabines du téléphérique desserviront 3 stations en 10 minutes : la station Oncopole - Lise Enjalabert, la station Hôpital Rangueil – Louis Lareng et l’Université Paul Sabatier, assurant ainsi une connexion directe avec la ligne B.

Avec son tracé survolant la colline de Pech David et la Garonne, Téléo permettra une desserte intermodale du secteur : relié à la ligne B du métro par la station de Rangueil, il proposera aussi des liaisons avec plusieurs lignes de bus et pistes cyclables. Un parking relais de 500 places est en cours de création à la station Oncopole. Les 15 cabines de Téléo, pouvant transporter jusqu’à 34 personnes chacune, fonctionneront tous les jours de 5h15 à minuit. Selon Tisséo, le premier téléphérique toulousain permettra à plus de 10 000 employés, 35 000 étudiants et 200 000 patients par an de rejoindre plus aisément la zone.

Retardé à plusieurs reprises, d’abord à cause d’un problème de survol du lycée Bellevue puis du Covid, Téléo effectuera ses premiers essais et sa marche à blanc au 4ème trimestre 2021. Pour l’instant, les 5 pylônes et les 5 câbles formant la structure du téléphérique ont été positionnés et les stations sont en cours de travaux. Les Toulousains ont d’ailleurs pu visiter l’une des cabines qu’ils emprunteront bientôt, exposée fin mai à la sortie du métro Capitole.

La nouvelle ligne de métro Toulouse Aerospace Express

Les Toulousains et Métropolitains ont dû le remarquer : la troisième ligne du métro est bel et bien en chemin. En témoignent les nombreux chantiers qui se déroulent actuellement en plusieurs endroits, à Toulouse, mais aussi à Blagnac et Colomiers. Ce sont en fait des travaux préparatoires au chantier de la ligne TAE. Ils vont permettre de définir un cahier des charges précis pour pouvoir lancer les appels à projet et choisir les entreprises qui réaliseront les travaux.

La troisième ligne de métro du réseau reliera la gare de Colomiers à la gare de La Cadène à Labège en moins de 40 minutes, en passant par le centre-ville de Toulouse, avec notamment des correspondances sur les lignes de métro déjà existantes à François Verdier, Marengo et La Vache. Elle desservira également des quartiers toulousains aujourd’hui plus difficiles d’accès : La Terrasse, L’ormeau, Côte Pavée, Bonnefoy...

Le projet de métro Toulouse Aerospace sera complété par deux autres projets : l’allongement de la ligne B du métro, et la création d’une ligne Aéroport Express réutilisant les infrastructures de la ligne T2 du tram. La ligne B sera alors connectée à la ligne TAE au niveau de la nouvelle station Institut National Polytechnique à Labège. Une station Parc Technologique du canal sera également créée avant d’atteindre Ramonville.

La ligne Aéroport Express desservira quant à elle une partie du tracé actuel de la ligne de tram T2, à savoir les stations Nadot, Daurat et Aéroport, et sera reliée à la nouvelle station Jean Maga du TAE ainsi qu’au tram T1. La fréquence de desserte de l’aéroport passera ainsi de 15 minutes à 5 minutes, et le temps de trajet séparant la ligne TAE de l’aéroport sera de 6 minutes. La gare Matabiau et l’aéroport Toulouse-Blagnac se trouveront ainsi à 24 minutes l’un de l’autre en transports en commun, soit 14 minutes de moins que le temps de trajet actuel.

©Markus Mainka - Shutterstock

Initialement prévue pour 2025, l’inauguration de la troisième ligne de métro a pris 3 ans de retard, comme annoncé par Jean-Luc Moudenc fin 2020. La ligne Toulouse Aerospace Express devrait ainsi être opérationnelle en 2028. Les premiers marchés de génie civil seront lancés à l’automne 2022 et les travaux débuteront d'ici 2023, sur une quarantaine de chantiers en simultané.

Ouvrir les transports vers les zones périurbaines pour ralentir le trafic routier

Le nouveau maillage de la Métropole en termes de transports en commun répond à un double objectif sur les années à venir : permettre aux métropolitains de se déplacer facilement sur tout le territoire en créant un réseau efficace qui relie Toulouse aux villes périphériques, et encourager les modes de déplacement doux afin de limiter le trafic routier.

Avec la nouvelle ligne de métro, ce sont deux secteurs d’emplois très porteurs qui se retrouvent ainsi reliés : le pôle aéronautique d’Airbus à Colomiers et le pôle numérique et technologique de la ZAC Enova de Labège, avec notamment l’IoT Valley. Le site Airbus de Saint-Martin du Touch sera ainsi accessible depuis le centre-ville de Toulouse (gare Matabiau), en 15 minutes environ, sans changement de ligne, contre 30 minutes et deux correspondances actuellement. Le village numérique du nouveau quartier Enova se situera quant à lui à une quinzaine de minutes de François Verdier, contre 35 minutes aujourd’hui. Le téléphérique urbain desservira également un bassin d’emploi important pour le secteur hospitalier.

©Stephen M Brooks - Shutterstock

Des lignes emplois, spécialement conçue pour les travailleurs de la Métropole

Dans cette volonté de mieux relier les bassins d’emploi au centre-ville et ainsi de faciliter les déplacements des Métropolitains, Tisséo a également imaginé des lignes emplois en plus des lignes Linéo et des lignes Express en cours de réalisation. Ces lignes de bus spécifiquement pensées pour les travailleurs permettront de relier les bassins d’activité avec une fréquence plus élevée que les lignes de bus classiques. Selon les explications de Tisséo, “ce service spécifique permet de proposer un produit adapté aux zones d’emploi avec une fréquence en heure de pointe adaptée au nombre d’emplois desservis. Celles-ci fonctionneront du lundi au vendredi et le samedi pour les lignes desservant également des zones commerciales”.

Deux lignes de ce type sont déjà en fonctionnement pour permettre une meilleure desserte de la zone aéroportuaire de Blagnac. La ligne 25 qui accueillera ses premiers voyageurs en septembre entre l’Oncopole et la gare de Colomiers fera justement partie de ces nouvelles lignes emplois, puisqu’elle dessert 40 000 emplois et 24 000 habitants.

Le Réseau Express Vélo pour relier les zones d’activité et d’emploi

Suivant le même principe qui consiste à relier les bassins d’emploi plus facilement, un autre projet concernant cette fois les déplacements en vélo est en cours de réalisation. Il s’agit du Réseau Express Vélo (REV), dont le budget de 80 millions d’euros a été validé par Toulouse Métropole dans son Plan Pluriannuel d’Investissement.

Ce réseau composé de 13 lignes, reliera les différentes villes de la Métropole par des pistes cyclables. Deux lignes verront le jour dès cet été, entre Colomiers et Cornebarrieu. L’objectif de ces lignes étant de permettre une liaison efficace des bassins d’emploi le temps des travaux de la troisième ligne de métro, et de rendre accessible les villes de la métropole autrement qu’en voiture.

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