La réhabilitation des Halles de la Cartoucherie va enfin débuter

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Avatar de l'auteur "Amélie CARALP" Amélie CARALP

le 09 juillet 2021

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Après plusieurs retards au démarrage, dus notamment à la crise de la Covid 19, le chantier de réhabilitation des halles de la Cartoucherie à Toulouse débutera cet été, après signature d’une convention fin juin, autorisant le rachat du lieu à Oppidea par le collectif Cosmopolis. L’ouverture du tiers lieu, très attendue par les habitants de l’écoquartier, est prévue pour le printemps 2023.

Depuis plusieurs années, le projet de l’écoquartier de la Cartoucherie voulu par la mairie de Toulouse et réalisé par son aménageur Oppidea, a apporté son lot de logements neufs à Toulouse, rendant indispensable pour les habitants du quartier la création d’un lieu de convivialité à quelques pas de chez eux. Porté par le collectif Cosmopolis et validé par la mairie de Toulouse en 2017, le projet des halles de la Cartoucherie proposera 5 pôles d’activités sur un terrain de jeu de plus de 14 000m².

©Olybrius - Wikimedia Commons

A l’image de l’espace Darwin qui a investi la caserne Niel de Bordeaux depuis 2009 en préservant son identité, le projet des halles s’articulera autour de l’existant afin de conserver la mémoire du passé industriel de Toulouse, présente sur le site. Sylvain Barfety, le porteur de projet qui a travaillé sur le tiers lieu bordelais, est d’ailleurs l’un des instigateurs du projet des halles de la Cartoucherie à travers sa structure, Azalay Invest.

Les Halles, véritable cœur battant du quartier de la Cartoucherie

Le projet de tiers lieu toulousain s’inscrit en plein cœur du nouvel écoquartier de la Cartoucherie lancé en 2006. Axé sur un principe de vivre ensemble participatif et durable, le nouvel espace des halles sera donc en totale adéquation avec les valeurs qu’a souhaité véhiculer la municipalité et viendra insuffler au quartier l'animation et la convivialité tant attendue par les riverains.

L’objectif affiché du collectif Cosmopolis est de créer un espace hybride, véritable cœur de quartier, où les habitants et plus largement, les toulousains, pourront se retrouver. 5 pôles d’activités complémentaires seront proposés aux visiteurs : une halle gourmande, un pôle santé/sport/bien-être, un pôle culturel, un pôle bureaux/coworking et une travée verte. Les différents pôles seront supervisés par la conciergerie Allô Bernard qui fournira ses services pour l’entretien, la maintenance, l’accueil et l’orientation des visiteurs du tiers lieu. Mêler au sein d’un même lieu la gastronomie, le sport, la culture, le travail et les espaces verts promet ainsi de conférer au lieu une grande attractivité, mettant en place un écosystème dynamique.

“Nous voulons créer un endroit hybride porteur de transition aussi bien écologique qu’économique”

Sylvain Barfety, Azalay Invest

La Halle Gourmande, locomotive du projet et lieu unique à Toulouse

Au cœur du projet des halles de la Cartoucherie, une halle gourmande de 3000m² regroupera en un seul et même endroit 25 stands de restauration, dont plusieurs seront dédiés à la cuisine du monde. Un bar central et un coffee shop viendront compléter l’offre du lieu afin de pouvoir se restaurer ou boire un verre à toute heure de la journée et de la soirée. 1500 places assises et de grandes terrasses seront mises à disposition afin que créer un véritable espace commun et convivial.

“Nous voulons que ce lieu soit un lieu de brassage où les gens pourront se parler grâce à une conception bien étudiée. Nous voulons enfin un lieu qui sera tout le temps animé avec des animations culturelles et musicales. Il se passera toujours quelque chose à la Cartoucherie.”

Thierry Monassier, fondateur associé des Halles de la Cartoucherie

Afin de faire de cet espace un véritable lieu de mixité sociale, l’offre proposée sera accessible à tous, et il y en aura pour tous les goûts. Du repas sur le pouce au menu complet, cette diversité permettra d’attirer des visiteurs de tous horizons : étudiants, cadres d’entreprises, habitants de la région d’Occitanie le week-end, spectateurs se rendant à un concert au Zénith...

La Halle Gourmande souhaite également s’inscrire dans une dynamique de transition écologique. Une attention toute particulière sera donc apportée aux produits utilisés par les restaurateurs qui devront être locaux, de saison et favoriser les circuits courts. La mutualisation sera également mise à l’honneur afin de permettre aux chefs de se consacrer à leur cœur de métier. Espaces de livraison, de service et de plonge seront donc partagés afin de profiter pleinement de la force du collectif.

“Nous voulons inciter les restaurateurs à s’approvisionner en produits locaux et si possible bio, grâce à des achats groupés. Le service et la plonge seront mutualisés afin de gérer les déchets.”

Thierry Monassier

Dernière caractéristique phare, la halle gourmande devrait être un haut lieu de l’innovation culinaire et de l’expérimentation, grâce à son workshop culinaire, qui proposera des ateliers ouverts à tous, des évènements thématiques et des démonstrations. Quatre stands seront également réservés à de jeunes chefs en “incubation”, proposant des projets culinaires ou concepts innovants. Ils seront ainsi accompagnés et pourront tester leurs nouveautés en attendant de pouvoir se lancer réellement.

Une salle de spectacle originale et modulable

Le pôle culturel sera quant à lui porté par la salle de spectacle de Gilles Jumaire, fondateur de la société de production de spectacles toulousaine Bleu Citron. Un espace hybride et inédit puisqu’il sera en même temps un lieu de vie, de travail et de création artistique. Il s’agira d’un bâtiment comprenant une salle de spectacle modulable au premier étage, ainsi qu’un espace de coworking culturel de 500m² au rez-de-chaussée. Un large choix de spectacles sera proposé, laissant la place à tous les modes d’expression artistique.

Un projet qui respecte le passé industriel de la Cartoucherie

Le site qui se transformera à l’horizon 2023 en tiers lieu est chargé d’une forte histoire militaire et industrielle que les architectes chargés du projet, les cabinets de Chloé Bodart et Construire et OECO, entendent bien respecter. Acquis il y a plus de deux siècles par la ville de Toulouse, le site était dans un premier destiné à recevoir un champ de tir pour les canons fabriqués par l’Artillerie de Toulouse et un camp d’entrainement pour l’école d’artillerie.

A la fin du 19ème siècle, un atelier de chargement de cartouches métalliques y est érigé, employant 1250 personnes. C’est durant la première guerre mondiale que les halles de la Cartoucherie sont bâties, employant plus de 14000 perspnnes, principalement des munitionnettes. L’atelier tournera de nouveau à plein régime lors du second conflit mondial. Au milieu des années 60, la Cartoucherie de Toulouse compte plus de 295 bâtiments occupant près de 16 hectares sur les 82 que compte le site.

Dans les années 90, le site intègre le groupe GIAT Industries et stoppe son activité de fabrication de munitions, préférant se tourner vers l’électronique. Le manque de commandes pour cette activité entraine de nombreux plans sociaux, et le site finira par fermer ses portes fin 2005, après avoir été considérablement réduit.

©Archives municipales de Toulouse - Flickr

Une architecture adaptée à la préservation de la mémoire du lieu

Le projet qui va investir l’ancienne cartoucherie dès 2023 entend bien s’appuyer sur l’existant, à savoir les anciens ateliers de fabrication de munitions, et lui donner un nouveau départ et une nouvelle vie, loin de sa fonction militaire. Construire quelque chose de nouveau tout en préservant l’âme du lieu. Et cela passe d’abord par l’architecture qui, loin de se contenter de figer l’existant, va justement lui permettre de reprendre des couleurs.

L’approche architecturale est simple : faire des halles un lieu lumineux, où la circulation sera optimisée et adaptée à la mixité des nouveaux usages du lieu. Cela passe par la création d’espaces en grande partie modulables, capables de se voir réorganisés au fil des évènements et des saisons. Les halles seront finalement un lieu dynamique, constamment en mouvement, autant sur le fond que sur la forme. Tout cela évidemment en apportant un soin particulier à l’inscription du site dans une démarche strictement environnementale, sociale et durable.

Quoi de neuf dans l’écoquartier de la Cartoucherie?

La commercialisation des lots du quartier de la Cartoucherie par l’aménageur Oppidea n’est pas encore totalement terminée. Si les chantiers de l’année 2020 ont été quelque peu ralentis à cause du contexte sanitaire, l’année 2021 a déjà vu plusieurs projets sortir de terre. Côté programmes neufs, les résidences Hype Park, place de la Charte des Libertés communales, Factory et ID'Halles ont été livrées en ce début d’année. La Résidence Wood’Art - La Canopée, une construction 76% bois, contenant un hôtel Eklo, 2750m² de commerces, un parking, 42 logements sociaux et 95 logements à prix maitrisé sera quant à elle livrée en Novembre 2021.Au deuxième trimestre 2022, trois nouvelles résidences, dont une résidence pour jeunes actifs, seront à leur tour livrées, sur le versant est du quartier.

Quelques lots n’ont toujours pas été attribués au sein de l’écoquartier. En 2020, ce sont deux lots qui ont trouvé preneur et de nouveaux projets devraient prochainement sortir de terre. Un Ehpad pouvant accueillir 89 résidents et disposant d’une unité Alzheimer, s’installera rue Roger Sicre. Un ilôt mixte, comprenant une centaine de logements et des locaux d’activité verra prochainement le jour rues André Saves et Roger Sicre.

En dehors des logements, ça bouge également : plus de 5000m² de bureaux au sein du bâtiment tertiaire Dubarry seront livrés très prochainement. Le centre Medics Global qui accueillera plusieurs dizaines de professionnels de la santé sur 3880m², tous domaines confondus sera terminé cet été. La commercialisation des cabinets a d’ailleurs déjà commencé.

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