Une Cité internationale pour les chercheurs et les ingénieurs toulousains

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Avatar Hélène BERTIER Hélène Bertier

le 01 juillet 2020

SOMMAIRE

D’ici 2021, un vaste terrain, situé dans la rue des Trentes Six Ponts à Toulouse, va accueillir la future Cité Internationale des Chercheurs. Il s’agira d’un site d'hébergement universitaire à destination des chercheurs, des ingénieurs, des étudiants, et plus particulièrement de ceux venus de l’étranger. Au total, la Cité proposera 300 logements neufs, à proximité des allées Jules Guesde, du Quai des Savoirs et de l’ex prison Saint-Michel, qui est en cours de réhabilitation. Avec son futur auditorium, l’ancienne prison deviendra une Cité de la Musique.

En 2018, neuf des dix bâtiments de l’ancienne faculté des Sciences ont été démolis. Sur cette parcelle d’un hectare, seul l’ancien laboratoire du professeur Paul Sabatier, construit en 1912 grâce à l’argent de son Prix Nobel de Chimie, a été conservé. Il accueillera une soixantaine de logements neufs et un musée.

Un lieu original dédié à la vie des chercheurs

Deuxième ville étudiante et de recherche en France, Toulouse accueille des milliers de chercheurs et de doctorants chaque année. Pour loger ces personnes, la ville doit construire plus d'hébergements : c’est ici que l’idée d’une cité d’hébergement des chercheurs a germé. Lors des périodes creuses, celle-ci sera également ouverte aux apprentis ou aux étudiants Erasmus qui connaissent une pénurie de logements étudiants à Toulouse. Les loyers de ces appartements seront d’environ 450€/mois.

« Un lieu d’accueil, de travail et de vie » en plein cœur de l’hypercentre

L’université de Toulouse précise que la Cité sera un lieu d’accueil, de travail et de vie pour les chercheurs et les doctorants. Elle sera un site central, visible et innovant en plein centre-ville de Toulouse. Le projet consiste à démolir les bâtiments vétustes, réhabiliter le laboratoire conservé, et construire du neuf sur cet hectare anciennement occupé par la faculté des Sciences.

Pour ce faire, les travaux seront opérés de la manière suivante :

Pour le bon déroulé du projet, il est prévu de construire la Cité après passation d’un contrat de concession de travaux auprès d’un groupement de promoteurs, de maîtres d’oeuvre et de gestionnaires, retenu suite à une mise en concurrence. Le projet nécessitera un désamiantage du site et une dépollution globale, en amont de toute construction.

Concernant le financement de ce projet, la partie publique accessible aux étudiants sera prise en charge à hauteur de 1,70 millions d’euros par la Ville de Toulouse, le Département et la Région.

« L'État est propriétaire des deux tiers du site. Il a effectué la démolition et la mise en sécurité pour un coût de 2,50 M€. Le tiers restant du site appartient à l'université Paul Sabatier. La hauteur de construction n'excédera pas celle du bâtiment voisin qui abrite l'INSEE. »
André-Marc Willemot, directeur du service Immobilier et Aménagement de l'Université

Un musée et 60 logements dans l’ancien bâtiment construit par Paul Sabatier

Inoccupés depuis 2012, neuf des dix bâtiments de l’ancienne université ont été démolis. Il ne reste là qu’un terrain vague, à l’exception de l’ancien laboratoire du professeur Paul Sabatier. Ce dernier sera aménagé en espace de musée. Une soixantaine de logements y sont également prévus.

Paul Sabatier fait partie des personnalités emblématiques de Toulouse. Il a marqué l’histoire de la Ville Rose par ses recherches et ses enseignements en chimie. Il est à l’origine de la “réaction Sabatier” qui est utilisée pour produire de l’eau au sein de la station spatiale internationale. Il fut, d’ailleurs, récompensé par le Prix Nobel de la Chimie.

Une diversité de services et des espaces publics rénovés

« La résidence sera dédiée à l'accueil des chercheurs et doctorants en priorité, pour une durée de 1 jour à 6 mois, voire un peu plus. Des services seront associés : une conciergerie, un accueil polyglotte, un club des chercheurs, un salon détente, un coin lecture, un salon de travail, autour de la cour du bâtiment historique. Un tiers lieu sera ouvert aux étudiants. Un parvis public sera créé sur la rue Sainte-Catherine. Un parc de stationnement est également prévu. »
André-Marc Willemot, directeur du service Immobilier et Aménagement de l'Université

Le projet prévoit ainsi une foule de services entièrement pensés pour améliorer les conditions de travail et d’échange social des chercheurs, en les considérant dans une dimension internationale qui est celle la plus appropriée à leur activité. Pour doper les possibilités de collaboration, il est également prévu la construction d’un espace de coworking.

Par ailleurs, à la demande de l’Université Fédérale, l’ouverture sur la Grande rue Saint-Michel va être conservée. Elle sera réservée aux habitants (selon certains horaires), et gardera sa fonction urbaine. Les Toulousains pourront alors y déambuler. Quant à la rue Sainte-Catherine, elle se verra élargie, permettant l’aménagement d’un parvis.

Les travaux commenceront d’ici fin 2019 et se termineront en 2021.

Un grand appel d’offre pour la réalisation du projet

N’ayant pas les compétences pour gérer un tel équipement, l’Université Fédérale de Toulouse (qui fédère notamment les projets immobiliers des universités et des écoles d’ingénieurs toulousaines) a lancé un appel d’offre.

Elle a décidé de céder ce terrain d’un hectare pour une durée de 45 ans à un groupement de constructeurs, de promoteurs et de gestionnaires. En janvier, les trois groupements finalistes ont remis leur projet, et le vainqueur sera annoncé en mars.

Une offre de logements d’un nouveau genre

300 logements neufs vont être construits à la place de cette ancienne faculté des Sciences. 90% des habitations seront des T1 de 20 m², et les 10% restants seront des T1 bis et des T2. Les étudiants et les chercheurs pourront y loger d’une nuit à 6 mois (voire plus, selon conditions), avec un tarif de location de 450€. Le principal défi du gestionnaire sera de remplir et de rentabiliser l’ensemble des logements.

« C'est l'université fédérale, qui rassemble plusieurs universités et écoles d'ingénieurs toulousaines, qui validera les réservations, en priorité pour les chercheurs lors de colloques ou autres séjours. Mais dans les périodes creuses, le gestionnaire sera libre d'élargir le public à des apprentis ou des étudiants Erasmus, par exemple. »
René-Marc Willemot, directeur du service Immobilier et Aménagement de l'université fédérale

La future Cité profitera d’une ouverture sur le quartier. Situé en centre-ville, le site sera connecté à l’aéroport via le tramway et à la gare Matabiau via le métro Palais de Justice. Elle bénéficie donc d’un emplacement idéal en hyper-centre et à proximité des transports. D’ailleurs, pour améliorer le confort de ses habitants, Toulouse met en place de nouvelles solutions pour densifier ses transports.

« Ce qui manquait à Toulouse, c'est une résidence pour accueillir correctement des chercheurs de haut niveau, venus pour un colloque, pour réaliser des expériences qui durent deux semaines ou six mois. Aujourd'hui, ils vont à l'hôtel, chez l'habitant, ou dans un appart hôtel. C'est coûteux. Cette Cité des Chercheurs donnera une meilleure visibilité à l'international au pôle universitaire toulousain. »
René-Marc Willemot, directeur du service Immobilier et Aménagement de l'université fédérale

Office de Tourisme de Toulouse

Consolider le rayonnement international de la ville et son Université

Ce projet s’inscrit dans une démarche de valorisation globale de l’université. Il renforcera un site de choix : le Quartier des Sciences. La Cité, lieu d’hébergement universitaire, permettra d’élargir l’attractivité et de consolider le rayonnement international de l’Université Fédérale Toulouse Midi-Pyrénées.

Toulouse, Cité européenne de la science en 2018

Après Stockholm, Munich, Barcelone, Turin, Dublin, Copenhague et Manchester, c’est Toulouse qui a été placée sous les feux des projecteurs en étant sélectionnée pour accueillir le forum européen de la science (ESOF) de 2018. Cet événement, qui existe depuis 2004, a été organisé pour la première fois en France. Il s’agit, de la plus grande rencontre interdisciplinaire européenne dédiée à la science et à l’innovation.

Créé par l’association Euroscience1, l’événement réunit tous les deux ans plus de 4.000 professionnels. Il offre à la ville qui l’accueille le titre de “Cité européenne de la science”, un nom qui colle parfaitement bien à Toulouse. Cette rencontre permet à la ville de multiplier le nombre d’événements, spécialisés et grand-public, pour partager ses savoirs.

Toulouse a élevé cet exercice de partage au rang de tradition culturelle. En effet, riche d’une longue histoire académique, la ville possède l’une des plus anciennes universités de France (1229) ainsi qu’un écosystème scientifique et technique exceptionnel. Toulouse accueille de nouveaux campus et est mondialement réputée pour son industrie aéronautique, spatiale et de recherche (notamment dans les domaines de la santé, des systèmes embarqués, des biotechs et des intelligences de systèmes,...).

De ce fait, Toulouse regroupe une forte communauté de chercheurs, d’ingénieurs, d’étudiants... et attise la curiosité scientifique de chacun. C’est pour ces habitants avides de savoirs que la Ville Rose multiplie ses lieux de diffusion de la connaissance : Muséum, Quai des Savoirs, Cité de l’Espace, etc.

L’ESOF a donc été une véritable opportunité pour Toulouse, qui n’a pas été choisie au hasard…

« La ville a de nombreux atouts : c’est une grande ville universitaire, un pôle dynamique de l’industrie aéronautique, elle est aussi en pointe dans le secteur spatial, les biotechnologies. On a aussi l’oncopôle et de grands laboratoires de recherches… Ici, on a la culture de l’entreprise et de la science. »
Anne Cambon-Thomsen, directrice de recherche émérite au CNRS, spécialiste du biomédical, nommée «championne» de l'ESOF 2018 et coordinatrice de l'événement

Sources :

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