Clap de fin pour le méga centre commercial Val Tolosa ?

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le 01 juillet 2020

SOMMAIRE

Le vendredi 7 septembre 2018, le tribunal administratif de Toulouse a répondu par la négative à la question : “Val Tolosa est-il un projet d’intérêt public majeur ?”. Selon le tribunal administratif de Toulouse :

”Le projet ne peut pas être regardé comme répondant à une raison impérative d’intérêt public majeur au sens exigé par le Code de l’Environnement.”

Dès lors, Unibail-Rodamco se voit assigner un nouveau refus. Mais est-ce vraiment la fin du projet Val Tolosa à Plaisance-du-Touch ? Le promoteur va-t-il lancer de nouvelles opérations judiciaires ? Quelle suite pour Val Tolosa ? L'immobilier neuf à Toulouse en sera-t-il impacté ?

Val Tolosa n’est pas un projet d’intérêt public majeur

C’est un nouveau refus judiciaire que se voit attribuer le très controversé projet Val Tolosa. Le tribunal administratif de Toulouse a décidé de refuser sa construction et par conséquent de préserver les espèces protégées présentes sur le sol de la Ménude.

”Le tribunal observe que si l’aménagement d’une zone d’activités économiques sur le plateau de la Ménude est prévu de longues dates, cette zone n’est cependant pas identifiée dans les documents d’urbanisme comme une zone d’intérêt métropolitain ou comme une zone d’accueil des commerces majeure.”

Dès lors, Val Tolosa s’imposait véritablement comme un projet menaçant la biodiversité du plateau de la Ménude. Et pour cause, si l’on en croit les informations partagées par le site internet de La Tribune, ce sont 47 espèces protégées qui sont situées sur le secteur de la Ménude.

La création d’emplois a-t-elle pesé dans la balance ?

Dans une interview accordée à la Dépêche du Midi, le maire de Plaisance-du-Touch, Louis Escoula, mettait en avant les créations d’emplois. Selon l’homme politique, la construction du méga centre commercial aurait pu permettre de créer près de 3.000 nouveaux emplois et de booster toute l’activité économique de l’Ouest toulousain. Pour autant, le tribunal administratif de Toulouse a très rapidement écarté, ce qui était présenté comme l’un des points forts du projet en affirmant :

“Les créations d’emplois susceptibles d’être engendrées par le projet ne permettent pas à elles seules de caractériser l’existence d’une raison impérative d’intérêt public majeur, d’autant qu’elles ne prennent pas en compte les effets négatifs potentiels sur l’activité et l’emploi dans les commerces des centres-villes environnants”.

Dès lors, l’ensemble des démarches entreprises par le Pôle Emploi de la région Midi-Pyrénées et le promoteur Unibail-Rodamco ne sont pas parvenus à convaincre le tribunal. Il était question de créer 1.700 nouveaux emplois lorsque le centre commercial aura officiellement ouvert ses portes. Les 1.300 emplois restants concernent ceux qui devaient servir à la construction du centre commercial.

Une suite est-elle envisageable pour Val Tolosa ?

Dès la décision de justice rendue, le promoteur Unibail-Rodamco a annoncé dans un communiqué de presse la volonté de faire appel car : “le projet correspond à un degré extrêmement élevé d’exigence environnementale [...] Il reste adapté aux attentes des habitants de l’agglomération toulousaine”. Toutefois, pour les opposants, et notamment les membres du collectif “Non à Val Tolosa”, il est temps d’arrêter l’acharnement autour de la construction du méga centre commercial car : “il est fondé sur un modèle commercial des années 80”.

Que verra le jour en remplacement de Val Tolosa ?

À l’heure actuelle, personne n’est en mesure d’annoncer ce qui pourrait remplacer le méga centre commercial. Toutefois, Louis Escoula avait envisagé une suite bien moins heureuse pour le plateau de la Ménude. En outre, si le promoteur détenteur des terres était amené à définitivement oublier le projet de centre commercial, il sera dans l’optique de découper les terres et les vendre à des entreprises qui bâtiront leurs propres sociétés. De nouvelles infrastructures plus petites que le centre commercial et qui ne seront pas soumises au même Code de l’Environnement que Val Tolosa. Dans les années à venir, il se pourrait bien que le plateau de la Ménude voit son paysage encore plus modifié. Et pour cause, si l’on suit les dires du maire plaisançois, ces nouveaux investisseurs n’auront aucun scrupule à bâtir et à détruire les espèces protégées présentes sur les terres de la Ménude.

Val Tolosa transformé en un écoquartier ?

Des élèves en classe de Master à l’Université de Toulouse ont réfléchi à un possible avenir du plateau de la Ménude. Ces derniers ont envisagé la construction du centre commercial ainsi que d’un quartier. Un écoquartier plus précisément. Une idée révélée par le Journal Toulousain.

Un écoquartier est un ensemble d’habitations ayant pour principaux objectifs :

Au sein de l’agglomération toulousaine, l’on dénombre quatre écoquartiers toulousains. Les plus réputés sont : Andromède, situé entre Blagnac et Beauzelle, ainsi que la Cartoucherie prenant place à Purpan, à l’extrême ouest du quartier Saint-Cyprien.

SOURCES
  • Val Tolosa : Pourquoi le tribunal administratif met un nouveau coup d'arrêt au projet ? - La Tribune
  • Deux décisions de justice donnent un nouveau coup d'arrêt au projet Val Tolosa - Actu.fr
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